septembre 2008Le référencement en 2008 : état des lieux et perspectives
La conférence qu’il m’a été donné de présenter le 5 septembre dernier lors de l’université d’été (PDF) organisée par Medialibs, sur “l’avenir du web”, a été l’occasion de réfléchir sur ce qu’est le référencement naturel en 2008, et sur ses possibles évolutions. Pour ceux n’ayant pas pu se rendre à l’évènement (ou ayant égaré leurs notes), voici une synthèse de mon intervention.
Le référencement naturel aujourd’hui
Coté moteurs, un premier constat qu’il convient de faire est que les algorithmes et technologies mis en oeuvre ne sont pas si modernes qu’on pourrait le penser : ainsi, les grands principe de la recherche documentaire (information retrieval) ont été développés dans les années 70 et 80, notamment grâce aux travaux de Salton et Mc Gill, il y a près de 25 ans ! Le concept de mesure de la popularité via l’analyse des liens hypertextes n’est pas nouveau lui non plus : c’est John Kleinberg qui s’y est intéressé en premier en 1997, suivi en 1998 par Larry Page et Sergei Brin, fondateurs de Google, avec leur algorithme PageRank il y a près de 10 ans.
Un autre constat à faire est que le document de référence de l’internet demeure la page web, même si d’autres types de contenus peuvent être indexés par les moteurs. L’indexation des pages web est donc une priorité pour les moteurs de recherche.
Du coté des éditeurs de contenu et des référenceurs, une des caractéristiques du référencement en 2008 est que finalement, les fondamentaux de l’optimisation demeurent : ce sont toujours le contenu, la structure et la popularité d’un site qui vont conditionner la visibilité de celui-ci, puisque les principes qui gouvernent les moteurs de recherche restent les mêmes.
On assiste également à une très forte concentration des moteurs de recherche, spécialement en France et en Europe, où Google domine avec plus de 90% des parts de marché, les autres moteurs se partageant les miettes.
Perspectives d’évolution
A quelles évolutions s’attendre alors ? Une tendance qui semble se confirmer est l’affirmation du concept de “recherche universelle” : il y a encore peu de temps, les pages de résultats d’un moteur de recherche n’incluaient que des pages web. Désormais, les moteurs tendent de plus en plus à inclure dans leurs pages de résultats non seulement des pages web, mais également des informations issues de bases de données spécialisées : actualités, images, vidéos, données cartographiques…
Ces nouvelles façons d’apparaître dans les pages de résultats constituent autant de leviers qu’il est possible d’activer pour obtenir une visibilité alors que la visibilité via la page web ne semblait pas envisageable, du moins à court terme.
Peut-on espérer un rééquilibrage des parts de marché des moteurs ? Je n’y crois pas trop : malgré les efforts des autres moteurs majeurs, Google tend à plafonner dans un quasi-monopole, et il est peu probable que les habitudes des internautes changent. Le “Google killer” pourrait très bien être Google lui-même, car il est douteux qu’un nouveau moteur puisse changer la donne rapidement : même avec un algorithme révolutionnaire, il faut encore disposer de la capacité technique à indexer l’ensemble du web de façon continue, ce qui n’est pas à la portée du premier venu.
Toujours beaucoup de bruit…
Le petit monde du search marketing aime la nouveauté, et a bien compris l’intérêt du “link baiting”. Il est probable que vous entendiez en 2009 (et comme vous l’avez entendu déjà avant) que le référencement est mort, que c’est la fin du PageRank, que l’indexation des sites Flash n’est plus un problème, que le Google killer est né, que le web 2.0 ou la personnalisation des résultats vont complètement changer la donne… restez critiques !
Le référencement connaît des évolutions certaines, qu’il ne faut pas hésiter à exploiter. Mais les fondamentaux du référencement demeurent, et il ne faut pas attendre de révolution… enfin pas tout de suite ![]()


10 septembre 2008 klockan 11:27
Jolie présentation du slide et excellente synthèse du réf en 2008… en particulier la page 6 “les fondamentaux du référencement”.
Question : doit-on user et “abuser” des “attributs sociaux” ?
10 septembre 2008 klockan 13:20
Félicitations Régis, tu es le premier commentateur de ce blog
Pour ce qui est des “attributs sociaux” je suppose que tu évoque la participation aux sites sociaux et 2.0 ? Cela est intéressant pour toucher de nouveaux utilisateurs, prescripteurs, et éventuellement créer du lien (bien que le nofollow soit de plus en plus fréquent). La participation à ce genre de site est un acte de communication, et peut avoir un effet positif sur le référencement grâce aux liens générés directement ou indirectement. Le fait que certain de ces sites soient la propriété de moteurs pourrait également participer à donner de l’information aux moteurs sur les utilisateurs et les sites qu’ils visitent.
Mais ça reste dans les fondamentaux : proposer certaines formes de contenu, et créer des liens pertinents
11 septembre 2008 klockan 6:44
Article et présentation très intéressante. Je suis entièrement d’accord avec toi sur le fait qu’il faut respecter les fondamentaux du référencement naturel.
En optimisant ces fondamentaux, il y a de fortes chances que les résultats suivent.
11 septembre 2008 klockan 9:08
Félicitations, cet état des lieux est très bien: clair, synthétique, abordable par le néophyte.
La pyramide Structure / Contenu / Popularité est bien vue. J’aurais tendance à mettre le contenu à la base de la pyramide: sans contenu, point de referencement. ENSUITE, la structure fait monter ce contenu; ENSUITE, la popularité fait monter ces pages (dans les resultats de recherche).
W. Klinger.
18 septembre 2008 klockan 12:26
Bonjour Sébastien,
Cet article de qualité est très représentatif de votre conférence chez Medialibs le 05 septembre dernier.
Merci encore pour votre collaboration.
Cdt,
29 septembre 2008 klockan 13:15
Pour résumer, on pourra dire que les requis du référencement sont toujours les mêmes: Du contenu et de la popularité. Ce qui évolue, ce sont les moyens de créer, diffuser ces contenus et ainsi de gagner en popularité…