mai 2010Open Graph ou le web collaboratif via Facebook grâce au bouton « j’aime »
Depuis l’annonce de la mise en place du protocole « Open Graph » par Facebook le 21 avril 2010 il semblerait que Facebook ait volé la vedette à Google si on l’en croit l’incroyable engouement pour ce service. Tentative de synthèse et de prospective sur ce que peut offrir cet outil :
Qu’est-ce que l’Open Graph ?
Il s’agit d’un protocole utilisant des balises Meta supplémentaires que les développeurs vont pouvoir intégrer dans leurs sites en suivant les recommandations officielles Open Graph afin d’associer à une page un élément spécifique de la vie courante (un produit, un article, un film, un acteur, un restaurant, une entreprise, …) qui sera relayé dans Facebook.
Le but : à la fois étendre les informations renseignées sur Facebook grâce au contenu disponible sur l’intégralité des sites existants via un simple bouton « j’aime » notamment et indiquer sur Facebook ce que l’on apprécie sur des sites tiers.
Ce que cela apporte à l’internaute:
Pour l’internaute, le principal élément visible de cette petite révolution sera donc le bouton « J’aime » qui commence déjà à apparaître sur de nombreux sites et blogs. Si vous vous êtes connecté à Facebook (et que le cookie est donc toujours présent sur votre machine), en surfant sur un autre site comme celui d’IMDB (la principale base de donnée consacrée au cinéma) qui utilise Open Graph vous aurez la possibilité de cliquer sur le bouton « J’aime » de Facebook. Cela va alors relayer l’information sur votre mur Facebook et indiquer à vos amis que vous aimez ce site (avec un lien vers ce dernier). En dehors du bouton global pour le site vous pourrez aussi trouvez des boutons « J’aime » pour chaque produit, article, … Par exemple, si vous aimez le dernier film à la mode vous pourrez l’indiquer à vos amis. Ce dernier étant identifié comme un élément de type « Film » (une des normes du protocole Open Graph) ce dernier sera alors intégré directement dans vos films favoris sur votre profil Facebook en plus d’être relayé sur votre mur.
Il devient ainsi beaucoup plus simple d’intégrer à Facebook des liens vers d’autres sites sans avoir à revenir sur sa page Facebook. A l’inverse Facebook propose aussi via Open Graph d’indiquer à un internaute qui arrive sur un site Internet la liste des utilisateurs Facebook qui aime ce site ou la liste de vos amis qui aime un produit ou un article en particulier. Cette forme de recommandation des sites ou d’un élément en particulier va certainement marcher sur les plates-bandes de services comme MyBlogLog qui ne demande pas d’action de la part de l’internaute (pas besoin de spécifier que l’on aime tel ou tel site) et qui seront nettement moins démocratisés que cet outil.
Quels avantages pour l’éditeur de contenu ou de services utilisant Open Graph ?
Pour un développeur, une fois intégré le code Facebook, il est très facile de faire relayer son information via Facebook et de de donner une dimension communautaire à son site en profitant du réseau. Pour les e- commerçants l’intérêt est encore plus évident et l’exemple de la boutique en ligne de Levi’s mis en avant par Facebook lors du lancement permet de comprendre l’impact de cet outil. Pour un acheteur potentiel voir qu’un produit est recommandé par un certain nombre d’utilisateurs Facebook, voir par certains de ses amis, est une forme de garantie. Cela va aussi permettre de faire du Buzz sur Facebook beaucoup plus simplement car un produit de qualité avec ce bouton « J’aime » sera plus facilement relayé par les internautes et connaîtra un succès encore plus important.
Quoi de neuf pour l’annonceur qui fait de la publicité sur Facebook ?
Pour l’instant la partie publicité présente sur les profils Facebook et Open Graph (autant sur Facebook que sur les sites tiers) sont totalement séparés. L’un correspond à de la publicité et l’autre à du « SMO / Buzz marketing ». Mais l’implémentation du bouton « J’aime » bien qu’elle contribue à imposer la logique de Facebook et l’utilisation de son profil n’est pas monétisée par celui-ci.
La seconde étape derrière l’implémentation de cet aspect communautaire sur des sites tiers est de généraliser l’utilisation d’Open Graph car celui-ci place des mouchards qui vont indiquer à Facebook quel profil regarde quel site. En effet, même si vous ne cliquez pas sur le bouton « J’aime » Facebook pour vous présenter la liste de vos amis ayant aimés le site doit savoir que vous êtes en train de visiter le site en question. Il est donc clair que d’ici quelques temps vous verrez apparaître des publicités Facebook ciblées en fonction de vos centres d’intérêts sur des sites tiers. Cela va créer un réseau concurrent que les webmasters choisiront peut-être à la place de Google Adsense pour monétiser leur site.
Facebook face à Google ?
Il est clair que la bataille qui oppose Google et Facebook est sur le point de commencer au niveau publicitaire même si les niveaux de dépenses sont encore assez faibles sur Facebook par rapport à Google Adwords . Mais cela sera très différent si Facebook réussi à sortir ses publicités de son écosystème comme l’a fait Google avec Adsense. Pour LeFigaro.fr la guerre entre Google et Facebook est bien déclaré avec Open Graph.
Comme Google l’a démontré en écrasant toute la concurrence il y a quelques années : la clé du succès dans ce secteur est d’avoir un maximum d’informations et de les rendre accessibles facilement, autant pour les utilisateurs que pour les annonceurs. Facebook était pour l’instant assez limité par rapport à la quantité d’informations qu’il pouvait récupérer sur le comportement des internautes sur les sites tiers. Désormais Facebook va laisser les internautes le renseigner sur les sites qu’ils visitent et sur ceux qu’ils aiment, sur les produits, les services, les lieux, les films qu’ils aiment et tout cela en connaissant précisément l’âge, le sexe, la nationalité… de chaque internaute. Là où Google est bloqué par la logique du navigateur qui peut-être associé à plusieurs internautes Facebook va pouvoir cibler un internaute en particulier qu’il soit chez lui, au travail ou sur son mobile dès que celui-ci utilise son compte Facebook.
Cela est potentiellement très dangereux (certains internautes ont déjà commencé à dénoncer les mouchards de l’Open Graph qui indiquent les sites visités même sans action de l’internaute sur un bouton « J’aime ») et il est clair que comme tout ce que fait Facebook la limite est fine entre non-respect de la vie privée et avantages d’avoir un profil unifié et connecté en permanence.
Il n’en reste pas moins que l’utilisation d’Open Graph est simple pour l’internaute, très rentable pour l’annonceur et source d’informations (et donc de revenus) pour Facebook. La logique de gratuité en échange d’informations, qui a conduit Google au succès malgré son besoin constant d’avoir des informations plus précises sur chaque internaute, est désormais reprise par Facebook à un autre niveau et cela devrait certainement réussir, le bouton « J’aime » ayant déjà fait son apparition sur de nombreux sites…
Par: Nicolas Francisoud

4 mai 2010 klockan 10:23
“vous aurez la possibilité de cliquez”
Et ouez !
4 mai 2010 klockan 10:27
OpenGraph est en effet une révolution. Mais je trouve que la part entre “amélioration de l’expérience utilisateur” et “récolte de toujours plus d’informations” n’est pas très équitable. Alors que d’un côté, des initiatives sont réalisées pour sensibiliser les internautes, notamment les plus jeunes, sur l’importance de maîtriser son image sur le Web, Facebook nous sort encore un système qui va lui permettre d’en apprendre toujours plus sur nous.
Ce qui est malheureux, c’est que la plupart des membres de ce réseau social ne se rendent pas compte que les informations qu’ils y mettent pourront un jour se retourner contre eux. A-t-on déjà oublié l’exemple ce jeune qui s’était fait renvoyé parce que son boss avait vu une photo de lui sur Facebook?
Personnellement, j’ai pris le parti de ne pas intégrer cette nouvelle API sur mon blog. Je n’ai pas envie que mes visiteurs se sentent fliqués en me lisant.
En tout cas, un article intéressant
5 mai 2010 klockan 13:07
@Orthomator : C’est réparé.
@BreiZh SEO : C’est sûr qu’avec Open Graph Facebook repousse encore d’avantage les limites très fines qu’il avait sur le respect de la vie privée. Après j’ai quand même l’impression que le web totalement anonyme qu’on a pu connaître est définitivement mort et que Google a bien accéléré le mouvement en récoltant un maximum d’informations sur les internautes en échanges de produits gratuits. Sur ce point Google et Facebook ont la même stratégie, c’est juste que Facebook de par son modèle connaît des choses beaucoup plus personnelles (en même temps Google crawl tous les emails de Gmail…).
Les gens en auront peut être marre un jour d’être suivis à la trace sur le web mais pour l’instant ils semblent accepter le système actuel avec ses avantages et ses inconvénients.
6 mai 2010 klockan 9:35
Effectivement, Facebook va pouvoir traquer toute la navigation que fait une personne, là où Google savait voyait juste vers quel on quittait son site.
Je m’interroge (et sans doute as tu la réponse) sur l’intérêt du “j’aime”. N’est pas ce beaucoup trop simple (on peut aimer un peu, beaucoup)? On va vite être saturés de “j’aime” pour n’importe quel item vu sur un site. Ce bouton a plutôt le sens d’un “je recommande”.
Et surtout, on se moque du monde : il faut jouer le jeu et mettre un “j’aime pas”. A quoi bon voir “500 personnes aiment” si on ne sait pas combien n’aiment pas ou combien l’ont vu.
6 mai 2010 klockan 9:41
Ah et aussi, je vais me faire l’avocat du Diable :
avoir des pubs personnalisées (pas personnalisées selon le contenu de la page que je consulte, mais selon ma personne), c’est génial. J’ai, depuis quelques mois, des pubs sur des produits que j’ai consulté récemment, qui apparaissent sur des sites sans rapport avec le site marchant consulté auparavant. Ça m’est beaucoup plus utile que de voir une pub sur un voyage en Méditerranée sous prétexte que je regarde une actualité sur la crise grecque.